Drainage agricole/industriel

Drainage agricole

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En agriculture, sylviculture et parfois dans le domaine de l'urbanisme, le drainage est l'opération qui consiste à favoriser artificiellement l'évacuation de l'eau gravitaire présente dans la macro-porosité du sol à la suite de précipitations. Le drainage a été intensivement pratiqué dans presque tous les bassins hydrographiques d'Europe de l’Ouest, dans certaines zones d’Asie, puis d’Amérique du Nord, non sans impacts hydrologique et écologiques.
Cette évacuation des eaux superficielles peut utiliser des drains, et dans les zones plus 12humides des fossés, voire des réseaux de petits canaux, éventuellement associés à des pompes ou autrefois à des moulins à vent chargés de relever les eaux (dans la cas des polders ou de certains « bas-champs »).

  • Les fossés, creusés dans le sol ou les tourbières, constituent une solution efficace et économique mais peu adaptée à l'agriculture mécanisée. Dans les zones très humides, ils sont plus larges et profonds (becques, watringues, watergangs et canaux du nord, de la Flandre maritime belge et des Pays-Bas par exemple).
  • Les drains agricoles sont enterrés dans le sol à une profondeur et un écartement
    calculés. Ils étaient autrefois faits d'éléments en terre cuite, emboîtés les uns dans les autres, remplacés par du tube plastique flexible perforé et parfois recouvert d'une mousse synthétique pour empêcher l'entrée des racines à l'intérieur du drain....

Equipements

 

1 trancheuse HUNTELMANN

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2 sous-soleuse INTER DRAI

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La Nouvelle Trancheuse est arrivée : drainage en grande profondeur

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Au centre, Jean Legrand et Patrice Girard, fi ls du fondateur de Girard Drainage, entourés d’Alain Troussard, des opérateurs de la nouvelleGigant 3000 et des représentants d’Huntelmann

Alain Troussard et son fi ls Thomas viennent d’investir dans une nouvelle trancheuse, une Gigant 3000 de la marque allemande Huntelmann. Le PDG, Mr Huntelmann, son gendre et sa direction commerciale Mr G.Kalbheim ont fait le déplacement pour la mise en route dans une parcelle de Jean Legrand à Epernay sous Gevrey, qui pour la petite histoire avait aidé Georges Girard et ses fi ls, à l’acquisition de leur première trancheuse Gigant. Avec l’arrivée de cette nouvelle machine, Girard Drainage entend augmenter sa productivité de 20% tout en améliorant la qualité et la précision de pose grâce à la gestion électronique embarqué ainsi que la sécurité et le confort de travail des opérateurs. Cette trancheuse vient compléter les deux sous-soleurs que possède Girard Drainage, lui permettant ainsi d’intervenir rapidement sur toute la Bourgogne Franche-Comté mais également en Champagne Ardennes, Lorraine et région parisienne. La Sté Huntelmann a profi té de son déplacement en Bourgogne pour développer en concertation avec les équipes de l’entreprise Girard une nouvelle technique de pose qui sera dévoilée prochainement. Celle-ci devrait permettre d’améliorer l’effi cacité du drainage en sols diffi ciles et sa pérennité.

Réglementation

La réalisation de réseaux de drainage est soumise, à la lecture du Code de l’environnement, à une procédure Loi sur l’eau (rubrique 3320 de la nomenclature Eau), en fonction de la superficie du terrain drainé :

  • supérieure ou égale à 100 ha = procédure d’Autorisation,
  • supérieure à 20 ha mais inférieure à 100 ha = Procédure de Déclaration.

Quelle surface prendre en compte ?

Cas des réseaux de drainage réalisés avant le 29 mars 1993 :

Les réseaux de drainage réalisés avant le 29 mars 1993 peuvent continuer à être exploités moyennant d’être portés à la connaissance du Préfet.
Votre dossier de "porté à connaissance" doit être constitué :

  • d’un plan cadastral à l’échelle de l’exploitation qui fait apparaître les parcelles drainées (commune, section, numéro de parcelle, propriétaire...), leur surface et la technique de drainage utilisée (tuyau, fossé...) ;
  • d’une identification des points de rejets dans le milieu naturel (cours d’eau ou autre).
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Cas des réseaux de drainage réalisés après le 29 mars 1993 mais non autorisés :

Les réseaux de drainage réalisés après le 29 mars 1993 doivent faire l’objet du dépôt d’un dossier de mise en conformité réglementaire dans les formes d’un dossier Loi sur l’eau (Déclaration ou Autorisation). Le dossier doit obligatoirement contenir un document d’incidences ou une étude d’impact pour les Autorisations (annexe alinéa 13-b de l’art. R122-2 du Code de l’environnement).

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Cas des réseaux de drainage à réaliser :

Les réseaux de drainage à déclarer dans votre demande de Déclaration ou d’Autorisation au titre de la loi sur l’eau cumulent les réseaux déjà installés avec les réseaux en projet. Le cumul se fait par exploitation.

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La cartographie des drains existants devra figurer au dossier, ainsi que celle des drains en projet.
Et concernant les rejets de drains ?

Toute modification, création ou implantation d’un ouvrage de rejet de drain est soumise à une procédure de Déclaration ou d’Autorisation Loi sur l’eau, même si la surface totale cumulée drainée à l’échelle de votre exploitation est inférieure à 20 ha. Ces obligations s’appliquent que le rejet s’effectue dans un cours d’eau (ou canal) ou dans un fossé.

Les principaux impacts environnementaux du drainage

Sur la ressource en eau et les milieux aquatiques :

Le drainage, bien au-delà de la baisse du plafond de la nappe superficielle, génère des impacts importants, directs et indirects, immédiats et différés, sur l’écologie du paysage et sur les cours d’eau.

Il conduit parfois à une altération écologique et physique du paysage et des milieux naturels ou de certains agrosystèmes lorsqu’il a été pratiqué en vue d’accroître les zones labourables ou l’intensité de l’agriculture, notamment dans le cas du drainage de vastes zones humides.
Quand elles sont importantes ou excessives, les opérations de drainage peuvent provoquer ou exacerber des sécheresses, favoriser des incendies ou dégradation de sols tourbeux, et affecter certaines essences d’arbres (aulnes, peupliers, frêne), dans leur croissance, mais aussi pour la régénération naturelle de leurs peuplements.
Les vallées alluviales et leurs boisements, ainsi que les tourbières, sont les milieux qui ont été les plus drainés, entraînant la disparition artificielle des zones humides associées. La modernisation des techniques de drainage (intégrant par exemple des pompes de relevage), a souvent fait disparaître en quelques décennies des réseaux importants de ruisseaux, fossés, zones d’expansion de crues et rivières non régulés, avec conséquemment une réduction de l’eau localement disponible pour la faune
et la flore naturelle, et parfois pour l’approvisionnement locale en eau potable, pour les loisirs, la pêche, en obérant gravement les potentiels de restauration de la biodiversité et des sols qu’il contribue à dégrader.

Sur la qualité des eaux :

Le réseau de drainage évacue directement dans les fossés et/ou à la rivière des quantités importantes de nitrates, phosphates, et produits phytosanitaires (pesticides) drainés à travers le sol.
Ainsi, les concentrations des différents paramètres dans les eaux de rejet des drains peuvent dépasser la limite de bon état des eaux définie par la réglementation (directive européenne cadre sur l’eau notamment), et surtout lors des périodes pluvieuses.
Par ailleurs, les études montrent que par temps secs, les concentrations en nitrates et en produits phytosanitaires sont plus importantes dans les rejets des drains que dans les cours d’eau récepteurs.
Le + technique :
Seuils du bon état des eaux fixés par la Directive Cadre sur l’Eau :

  • rejet nitrates > 50 mg/l
  • rejet MES (matières en suspension) > 50 mg/l
  • rejet pesticides totaux > 0.5 μg/l

 

Source